Station 8: Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

Comme parmi les pierres ou les sables du désert il y des petites fleurs, ainsi parmi la foule il ya des femmes remplies de compassion et de pitié pour Jésus.
La méchanceté humaine, même si elle semble dominer et tout envahir,
elle est limitée.
Au de-là des ses confins il ya toujours, plus vaste qu'elle, la miséricorde de Dieu qui est même semée dans les cœurs des enfants des hommes.
Jésus, bois encore et toujours vert, parce qu'éternel, traité terriblement, s'adresse aux femmes, bois sec. Lui, l'homme des douleurs, leur ouvre la vision des souffrances des derniers temps où elles invoqueront la création toute entière à s'écrouler sur elles-mêmes. La pitié de Jésus est là pour dire à ces malheureuses mères, avec une compassion infinie,  qu'elles  seront acculées à invoquer les montagnes à s'écraser sur elles. Avec toute sa tendresse, Jésus, oublieux de soi-même et de ses propres larmes, s'intéresse à ces misérables pour les préparer à l'immense tragédie qui leur arrivera. Il ne pense pas à soi, lui qui porte le poids du monde, mais il pense à celles qui portent le poids de leur petite famille…

Station 9: Jésus tombe pour la troisième fois

Après avoir rencontré par trois fois la compassion des femmes : sa maman, Véronique, et les femmes de Jérusalem, Jésus tombe à terre, à nouveau.
Les femmes qui sont sur la terre la plus pure transparence du visage du Père, lui ont porté la consolation venant du Haut. Il en avait bien besoin parce qu'il n'est plus capable d'avancer sur le chemin de la souffrance. Il tombe par terre.
Lui qui est le chemin, il est devenu incapable de marcher, de cheminer : il n'est plus que faiblesse. Mais sa faiblesse est plus forte
que toute la force des hommes.
Il nous sauve avec la force de sa faiblesse qui assume toutes les faiblesses de la terre, depuis le début du monde jusqu'à la fin de histoire.
En tombant à terre, Jésus nous soulève au Père. Il est l'ascenseur divin qui part dès par terre avec tout son corps pour nous élever tous avec lui-même où son cœur est: dans le sein du Père, aux Cieux. Il transforme sa chute en échelle plus profonde et plus élevée que celle de Jacob et il la remplit de sa miséricorde, en posant à l'intérieur de la misère-faiblesse humaine son cœur.

Station 10 : Jésus dépouillé de ses vêtements

Le Fils de Dieu, en devenant homme, s'est dépouillé de sa condition divine et a assumé la condition d'esclave. Maintenant au Calvaire il se laisse dépouiller même de ses vêtements en devenant entièrement vidé de tout,
réduit à la pauvreté totale, sous tous les aspects.

Il n'a plus rien à lui, même pas ses habits. Il est le pauvre, sans dignité, nu, devant tous. Lui qui nous revêt de lui-même, de sa divinité, de son amour, de sa lumière, il est privé de tout. Il n'a plus aucune chose à lui. Il ne possède plus rien. Sa vie n'est plus dans l'ordre de la possession : elle est dans la ligne de l'être pur, de la personne seulement.
Jésus est, tout simplement. L'avoir n'est plus à lui:
ce qui est à lui c'est d'être. Il est. 
En Dieu rien n'est avoir, tout c'est être. Avec le dépouillement de ses vêtements, Jésus est seulement sa personne, sans rien d'autre.
Jésus a vécu comme un pauvre en ne sachant où poser la tète pour se reposer. Maintenant sa maison, jusqu'à la fin des temps, jusqu'au moment où il y aura sur la terre quelqu'un qui souffre, sa maison sera la croix.
Une croix toute nue, avec lui tout nu.
La richesse de Jésus c'est d'être pauvre, le pauvre par amour. Et cet amour, le sien, est toute sa richesse, le dépouillement total, radical, extrême de soi-même pour nous.

Station 11: Jésus cloué à la croix

Les hommes agissent, mais ils ne savent pas toujours ce qui arrive avec leurs actes et leurs intentions. Dieu sait bien écrire à travers nos lignes qui ont peut- être d'autres buts. La croix qui pour les hommes voulait être le signe de la plus grande humiliation, est devenue le symbole du plus grand amour, celui de Dieu qui nous a aimé jusqu'à la fin, à l'extrême limite.
Plantée en terre la croix manifeste le total profond enfoncement et enracinement de Dieu dans la vie de l'homme, et, élevée, elle ouvre l'Homme à Dieu.
Avec ses bras, verticalement la croix touche la terre et le Ciel et horizontalement elle se dilate à l'horizon.
Jésus, qui sent terriblement les clous pénétrants dans sa chair innocente,  à jamais il nous embrasse avec ses mains clouées par amour pour nous. Il ne se détache plus de sa croix, vivante dans nos croix quotidiennes.
Jésus, le Crucifié, Présence de l'Amour dans tous les lieux, au Ciel et sur la Terre, et  dans tous le temps, maintenant et dans l'éternité, il  a et il aura pour toujours ses blessures  béantes  comme source de salut pour nous. 

Station 12 : Jésus meurt sur la croix

La mort de Jésus sur la croix remplit l'univers et l'éternité.
Comme Jésus est le cœur du Père, il est aussi le cœur du monde. Il est le Tout du Père ainsi il est le Tout du monde, par son amour, par sa croix. Il est avec Dieu, il est avec nous. Avec ses mains ouvertes il embrasse tous et chacun. Il se jette dans les bras du Père, auquel il se confie totalement, même dans les ténèbres plus épaisses et en criant toute sa confiance dans l'abandon le plus total et intense,  en Lui disant: "Papa, en tes mains je remets mon esprit". 
Médiateur entre le Père et nous, il pose ses mains miséricordieuses sur nos épaules humaines, en crucifié qu'il est, et implore le pardon du Père en Lui assurant  que nous ne savons pas le mal que nous faisons.
Fils de Dieu, il remet son souffle humain au Père et, fils de l'homme, il offre aux hommes son Esprit Divin.
A l'intérieur de la mort, par sa mort, il pose la vie. Et à l'intérieur du Paradis, par le larron qu'il aime, il pose nous tous tout de suite.
Il fait de sa mort notre chemin vers la vie.
Il ouvre le temps à l'éternité, en sanctifiant notre instant d'amour : "Souviens-toi!", par la sure parole qu'il dit au Père: Papa, pour eux, tout est accompli!

Station 13 : Jésus déposé de la croix

Si pour Jésus le chemin de la croix est fini, ce n'est pas encore, toutefois,
Terminé pour ceux pour l'aiment. Ils vivent maintenant
le chemin de la compassion.
Il commence avec la déposition du corps de Jésus de la croix.
Détaché de l'inerme froid bois qui le retenait, Jésus est déposé dans les chauds bras de celle qui est sa Maman. Elle, dans le passé, a bien bercé tant de fois son petit enfant. Maintenant Marie va être avec tout son corps le berceau
de son fils crucifié.
Au temps de la cruauté succède, par elle, le temps de la douceur. 
L'AMOUR, mort crucifié, se laisse tout faire. Il est enveloppé par la tendresse de La Vierge Mère qui, avec les femmes, embaume des plus délicats parfums son enfant bien-aimé. Jésus, qui nous donnera sa bonne odeur pour nous rendre parfumés de Dieu, maintenant il reçoit les parfums humains,  qu'avec  sa résurrection il maintiendra à jamais.
Jésus, le Prince Parfumé, comme disent les malgaches de Dieu, est Parfum de Dieu à l'Homme et Parfum d'Homme au Père.

Station 14 : Jésus est déposé dans le sépulcre

Même Dieu a son tombeau. Et tout neuf. Préparé pour d'autres.
Mais désormais il est à lui. Tellement à lui que tous le reconnaîtront comme son tombeau. Tant il est vrai que pendant des siècles les foules du monde entier le visiteront. Parce qu'il est le sien. Parce qu'il est à lui. A perpétuité. Comme lieu de mort et de résurrection.
Lui, toutefois, il ne visite pas ce tombeau. Lui, il y demeure. Comme on habite une maison. Ce tombeau est sa propre maison. Pendant trois jours : les jours de sa mort, de sa vie sans vie, de sa mort qui est qui est visite des morts qui sont dans les enfers. Sa mort veut tout son temps, ces trois jours, plénitude de mort, afin que tous sachent qu'il est vraiment mort et enseveli. Et enfermé dans un solide tombeau. De pierre qu'on ne peut pas facilement rouler.
Si pendant ces trois jours on ne peut pas rouler sa mort, lui il en profite pour aller chez les morts, tout mort qu'il est.
On l'a déposé au tombeau pour qu'il ne bouge plus, pour qu'il reste immobile. Et lui, lui  il va en profondeur. Dans les profondeurs, en rencontrant, en mort qu'il est, tous les trépassés qu'ils l'ont précédés dans les abymes.
Il a savouré la mort, et maintenant il savoure les temps passés, le temps déjà mort. Sa mort n'est pas comme la mort des autres, qui est une mort paralysée. La sienne est une mort vivante, rencontre de tous les morts.
Et son tombeau est le port de tous les tombeaux du monde. Tous les tombeaux de l'histoire vers le sien convergent.
Tombeau du Calvaire, cœur et centre de toutes les maisons des morts de la terre, lit de Jésus crucifié, lit du Dieu mort qui vit l'amour le plus extrême, le plus solitaire, le plus abyssal.....

 

 

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