À l’exemple de la Vierge Mère, le contemplatif est la personne centrée en Dieu. (VDQ 10)

Vocation: Témoignages

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Sœur Verónica de Jésus (du Chili)
Carmélite du Mont Carmel- Haïfa

 

J'ai parcouru un long chemin  jusqu'arriver à la Terre Sainte du Carmel, un chemin  plein de passion pour la vie, de recherche…

Bien que dans le plan amoureux de Dieu j'aie toujours été choisie, j'ai n'en pris conscience que tard. Je suis née dans une famille profondément catholique, j'ai bu la foi avec le lait maternel.

Quand j'étais enfant, bien qu'attirée par l'aspect religieux, je n'ai jamais pensé me consacrer au Seigneur.

Plus tard, adolescente, j'ai eu une  jeunesse normale, vivante avec beaucoup d'amis, j'étais heureuse et quelque peu rebelle et amante de la liberté.

Mais Dieu était toujours dans mon horizon, Il était une réalité dont je ne pouvais pas me soustraire et finalement  "m'a conquise", comme dit le prophète Jérémie.

Je crois que l'expérience de fond la plus forte que j'ai vécu est celle d'un amour qui embrasse et dépasse tous les autres amours. Un amour qui remplit tous les espaces, qui comble d'une joie qu'on ne peut pas contenir et qui donne une liberté toujours croissante. Il m'élargit par l'intérieur jusqu'à embrasser tout l'univers.

Je rappelle un moment clé dans ma vocation au Carmel: un après-midi de Vendredi Saint, quand tout était silence, quand l'Église n'avait pas encore d'autres mots … J'ai compris un langage plus éloquent que tous les mots, que tous les discours et qui toutes les homélies que j'avais écoutées dans ma vie, un langage que jusqu'aujourd'hui je ne peux pas cesser d'entendre.

Le langage du corps de Jésus mort, pendant sur la croix… Ce langage a résonné dans mon intérieur avec une force que je ne pouvais contenir et en un moment j'ai compris la vérité que professe notre foi, que Jésus est mort pour nous, pour moi : "pro nobis…pro me".

Comment pouvais-je répondre à cette interpellation lancinante de l'Amour qui se fait don jusqu'à l'extrême? Cette question a radicalement changé mes projets, ma vie, bien que non sans lutte. Une seule réponse s'imposait: celle d'un amour total, dans le lieu qui, pour moi, serait la réponse la plus radicale dans l'Église : LE CARMEL.

Ainsi, en suivant l'exemple lumineux de Teresa, ma mère, et de toutes les "Teresas" du Carmel, j'ai dirigé mes pas vers ce Carmel de Teresa de los Andes, dans le Chili, le Carmel de la seule sainte canonisée de mon pays. Là j'ai demandé de vivre en compagnie des soeurs, en pauvreté radicale, en suivant le Christ pauvre, obéissant et chaste. Là j'ai expérimenté le Carmel comme étant la terre vierge du premier amour, de l'amour total, du don total. Comme la terre de la communion où on entrelace le silence et la communion fraternelle, sacrement d'une Présence qui le remplit tout. Vie orante, pauvre et chaste, avec une passion qui brûle : "que le monde croie, que tous  soient Un…"

Au Carmel en Terre Sainte: un appel dans l'appel …

Voici presque un an que je suis carmélite déchaussée en Terre Sainte. J'ai laissé mon monastère d'origine en suivant cet appel, une invitation du Seigneur en Israël. Je me souviens encore très fort d'un mot qui a résonné dans mon intérieur:

"Laisse ta terre et va vers la terre que je te montrerai…"

Conduite par cette interpellation de l'Epoux, après discernement, je suis venue sur la terre de la Révélation, au milieu du Peuple choisi par Dieu, dont je me sens partie prenante.

L'Israël résonne dans mes entrailles, il est dans ma généalogie de fille d'Abraham, père de la promesse.

Israël est le sommet de ma joie, qui est de retourner à l'origine, là où tout a commencé dans l'histoire de la rencontre de l'homme avec Dieu : "shema Israël… écoute Israël, tu aimeras ton Seigneur, ton Dieu avec tout ton coeur, toute ton âme et de tout ton être…"

C'est vivre comme Marie, dans l'essentiel et la disponibilité d'écouter la Parole et de l'accueillir au fond du coeur, dans l'espérance, la foi et l'amour pour tous.

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