À l’exemple de la Vierge Mère, le contemplatif est la personne centrée en Dieu. (VDQ 10)


"Mon bien-aimé est à moi, et moi à lui" (Ct 2,16)

Ma consécration

L’expérience de la consécration, la décision à s’engager sans comprendre tout, sans pouvoir prévoir l’avenir à été décisive dans ma vie.

Le temps de vœux est différent de celui du postulat ou du noviciat même si pendant les deux premières années on est encore « au noviciat » suivi par la maîtresse de novices. On commence à vivre ce à quoi on a aspiré si longtemps – la consécration.

Pour moi entrer dans la consécration, tisser les lieux intimes avec Jésus, reste toujours comme le plus grand mystère de ma vie. J’ai fait ma première profession en l’an 2000 dans mon pays, dans le Carmel que j’ai choisi… parce qu’il est le plus proche de mes parents. Et mon aventure comme consacrée a commencé. La joie des premiers mois s’est très vite transformée en discernement sur un appel possible de Dieu à Bethléem : ma communauté avait reçu une demande d’aide en Terre Sainte, justement pour Bethléem.

Si j’ai pu répondre en positif à cette invitation, je crois que c’est grâce à la consécration, à cette « étrange intimité » avec Jésus qui m’enseigne, toujours plus en profondeur, la liberté intérieure qui m’a permis de poser des choix justes dans mes relations avec ma famille et mes amies. Bien sûr j’ai demandé à mon Père confesseur de m’aider à discerner, de m’apprendre à lire, à interpréter les signes.

Ma vie de jeune professe temporaire s’est donc déroulée en Terre Sainte. Ici j’ai appris à vivre dans une communauté internationale, à aimer mes sœurs telles qu’elles sont, à travers tout ce qui nous différencie et à voir par-dessus tout cet amour fou de Jésus qui nous unit plus que tout ! L’exigence d’une communauté petite m’a permis très vite de me sentir responsable de ma propre formation et de mon travail. La solitude quotidienne et les petites épreuves ont renforcé mon intimité avec Jésus, mon Epoux et mon Tout !

Le temps de la guère, de l’insécurité humaine que j’ai vécues ici a imprimé en moi un grand désir de prier pour et avec l’Eglise de Terre Sainte, d’intercéder pour les gens d’ici, pour rompre la haine réciproque. Je suis aussi certaine que ma communauté internationale témoigne que l’amour est possible, qu’on peut vivre, prier, s’aimer ensemble même si on est très différent, que c’est une richesse de Dieu.

Le temps de mes vœux temporaire est resté en moi comme un temps très riche en découverte de Jésus, de mes possibilités et faiblesses. Un temps de découverte des différents visages du Carmel, comme la communauté, la liturgie quotidienne dans laquelle et par laquelle Dieu est présent dans ma vie et aussi le temps du travail en solitude. La fait de vivre loin de ma famille et de mon pays, de vivre sur la Terre de l’Evangile donne à ma vie consacrée un trait délicat d’une aventure vécue avec et pour Jésus.

C’est avec une grande joie j’ai fait ma profession solennelle en m’engageant définitivement au Carmel et dans l’Eglise de Jérusalem.

Sr. Eudokia de la Croix (Pologne)
Carmélite du Carmel de Bethleem

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