Votre vocation contemplative est une annonce joyeuse de la proximité de Dieu

Imprimer

Vos communautés cloîtrées, avec leur rythme propre de prière et d'exercice de la charité fraternelle, dans lesquelles la solitude est remplie de la douce présence du Seigneur et où le silence dispose l'âme à l'écoute de ses suggestions intérieures, sont le lieu où chaque jour vous vous formez à la connaissance amoureuse du Verbe du Père.

Homélie du Saint Père Jean-Paul II aux Religieuses cloîtrées

Le 28 septembre 1997

Chères Sœurs,
"…Tout comme l'Eglise, la communauté monastique naît elle aussi de l'Eucharistie, se nourrit du sacrement du Corps et du Sang du Seigneur et est constamment orientée vers lui. Chaque jour, la liturgie vous invite à contempler, à travers le côté transpercé du Christ sur la Croix, le mystère de l'Amour éternel du Père, pour en témoigner ensuite dans votre existence, toute entière offerte à Dieu. Jésus vous dévoile le mystère de son amour, afin que vous le conserviez, comme Marie, dans le silence fécond de la foi, devenant avec elle des collaboratrices dans l'œuvre du salut.

Chères Soeurs, votre vie, recueillie et gardée dans le mystère de la Trinité, vous fait participer au dialogue intime d'amour que le Verbe établit de façon ininterrompue avec le Père dans l'Esprit Saint.

Ainsi votre sacrifice de louange quotidien, uni à ce cantique, que constitue votre existence de personnes consacrées dans la vocation de cloîtrées, anticipe déjà sur cette terre quelque chose de la liturgie éternelle du ciel. La contemplative, affirmait la bienheureuse Elisabeth de la Trinité, "doit toujours être occupée à l'action de grâce. Chacun de ses actes, de ses mouvements, chacune de ses pensées et de ses aspirations, tout en l'enracinant plus profondément dans l'amour, sont comme un écho du Sanctus éternel".

L'Eucharistie est le don que le Christ a fait à son Epouse au moment de quitter ce monde pour retourner auprès du Père. Chères Sœurs, la communauté chrétienne reconnaît dans votre vie "un signe de l'union exclusive de l'Eglise-Epouse avec son Seigneur". Le mystère de la "sponsalité" qui appartient à l'Eglise en son entier, revêt dans les vocations de spéciale consécration un relief particulier qui atteint son expression la plus éloquente chez les femmes consacrées: en effet, de par sa nature même, elle est figure de l'Eglise vierge, épouse et mère, elle qui conserve intègre la foi donnée à l'Epoux, engendrant les hommes à la vie nouvelle dans le baptême.

Chez la religieuse cloîtrée,  précisément parce qu'elle est engagée à vivre en plénitude le mystère sponsal de l'union exclusive avec le Christ, "se réalise le mystère céleste de l'Eglise". Au mystère du "corps donné" et du "sang versé", que chaque Eucharistie représente et actualise, la moniale cloîtrée répond par l'oblation complète d'elle-même, en renonçant complètement " non seulement aux choses matérielles, mais aussi à l' "espace", aux contacts et à de nombreux biens de la création". La vie cloîtrée constitue une façon particulière  "d'être avec le Seigneur" en participant à son anéantissement dans une forme de pauvreté radicale, à travers laquelle on choisit Dieu comme "l'Unique nécessaire", en l'aimant exclusivement comme le Tout de toutes choses. De cette façon, les espaces du Monastère cloîtré se dilatent sur des horizons immenses, car ils sont ouverts à l'amour de Dieu qui embrasse toute créature.

Votre "forme de vie" rend visible aussi aux hommes de notre temps le visage priant de l'Eglise, son cœur entièrement possédé par l'amour du Christ et comblé de gratitude pour le Père. De chaque monastère s'élève la prière incessante de louange et d'intercession pour le monde entier, et dont vous êtes appelées à accueillir et à partager les souffrances, les attentes et les espérances.

Votre vocation contemplative constitue également une annonce joyeuse de la proximité de Dieu, annonce ô combien importante pour les hommes d'aujourd'hui qui ont besoin de redécouvrir la transcendance de Dieu et, en même temps sa présence aimante auprès de chaque personne et spécialement si elle est pauvre et désorientée.

Vos communautés cloîtrées, avec leur rythme propre de prière et d'exercice de la charité fraternelle, dans lesquelles la solitude est remplie de la douce présence du Seigneur et où le silence dispose l'âme à l'écoute de ses suggestions intérieures, sont le lieu où chaque jour vous vous formez à la connaissance amoureuse du Verbe du Père.

Par votre vie d'union au Seigneur, soyez des signes éloquents de son amour pour l'humanité toute entière. Vous offrirez ainsi à tous la contribution spirituelle de l'espérance et de la joie, guidant les hommes à la rencontre du Christ notre paix authentique.