Filles du Carmel, soyez des images vivantes de votre mère Thérèse

Imprimer

Soyez vraiment, comme elle l'a été et a voulu s'appeler Thérèse de Jésus. Vivez dans la joie et la fierté votre vocation ecclésiale, priez les uns pour les autres et aidez-vous mutuellement.

Aux religieuses cloîtrées à Avila

1er novembre 1982

Pèlerins sur les traces de sainte Thérèse de Jésus, c'est avec une grande satisfaction et une grande joie que je viens à Avila. Dans cette cité se trouvent tant de sanctuaires thérésiens, comme le monastère de Saint Joseph, le premier des "petits colombiers de la Vierge" fondés par elle, ce monastère de l'Incarnation où sainte Thérèse  revêtit l'habit du Carmel, fit sa profession religieuse, eut sa "conversion" décisive et vécut son expérience de consécration totale au Christ.

(…) La vie contemplative a occupé et continuera d'occuper une place d'honneur dans l'Eglise. Consacrées à la prière et au silence, à l'adoration et à la pénitence dans le cloître, "votre vie est cachée avec le Christ en Dieu". Cette vie consacrée est le développement du don reçu au baptême et trouve en lui son fondement.

Cette vie nouvelle a fructifié en vous dans la suite radicale de Jésus-Christ, par le moyen de la virginité, de l'obéissance et de la pauvreté, fondement de la vie contemplative. C'est lui qui est le centre de votre vie, la raison de votre existence: " bien de tous les biens, mon Jésus", comme le résumait sainte Thérèse.

Dans le silence, dans le cadre de la vie humble et obéissante, l'attente vigilante de l'Epoux se transforme en une pure et vraie amitié: "je puis m'entretenir avec lui comme un ami, bien que ce soit le Seigneur".

Et ce commerce assidu de jour et de nuit, c'est l'oraison, occupation primordiale de la religieuse et chemin indispensable pour son identification au Seigneur: "Ils commencent à être serviteurs de l'amour…ceux qui, à travers ce chemin d'oraison suivent celui qui nous a tant aimés."

L'Eglise sait bien que votre vie silencieuse et séparée dans la solitude extérieure du cloître, est un ferment de rénovation et de présence de l'Esprit du Christ dans le monde.

Le monde a besoin, plus qu'on ne le croit parfois, de votre présence et de votre témoignage. Pour cela, il est nécessaire de montrer avec efficacité les valeurs authentiques et absolues de l'Evangile à un monde qui exalte fréquemment les valeurs relatives de la vie. Et qui court le risque de perdre le sens du divin, étouffé par l'excessive valorisation du matériel, du transitoire, de ce qui ignore la joie de l'Esprit.

Filles du Carmel, soyez des images vivantes de votre mère Thérèse, de sa spiritualité et de son humanisme. Soyez vraiment, comme elle l'a été et a voulu s'appeler Thérèse de Jésus. Vivez dans la joie et la fierté votre vocation ecclésiale, priez les uns pour les autres et aidez-vous mutuellement.