Carmel de la Sainte Famille, Nazareth
Nazareth, une petite ville connue dans le monde entier

Jésus, Nazareth, deux noms associés pour l'éternité ... Lorsque l'on voyage en Galilée, Nazareth apparaît au dernier tournant de la route qui monte de la plaine d'Esdrelon comme une coupe aux parois scintillantes dans la lumière éclatante du soleil ; comme une fleur, "ville aux dix collines", dont le cur abrite dans l'ombre de la Basilique la Grotte de l'Incarnation : ici la Vierge Marie reçut Dieu en son cur pour Lui donner sa chair :
"Hic Verbum, de Maria Virgine, Caro factum est"
Origine du Carmel de Nazareth
L'histoire de celui-ci est une page merveilleuse de la légende dorée
des filles de sainte Thérèse
d'Avila.
Tout est parti du Carmel de Pau où, en 1867, était entrée
une jeune Palestinienne appelée Mariam
Baouardy, devenue sur Marie de Jésus Crucifié,
dont la vie était toute de foi et de simplicité, mais aussi de
grâces extraordinaires. A la fin du mois d'août 1875 elle était
partie avec quelques soeurs de Pau pour fonder le Carmel
de Bethléem. Peu de temps après son arrivée, elle
déclara que Notre Seigneur voulait un Carmel à Nazareth et elle
s'en ouvrit à Mgr Bracco, patriarche de Jérusalem. En 1877 celui-ci
sollicitait du Saint Siège l'autorisation d'acheter un terrain convenable
et au mois d'avril 1878, Rome ayant approuvé le nouveau projet de fondation,
Mariam avec sa Prieure et la maîtresse des novices se rendirent à
Nazareth pour y visiter l'emplacement du futur monastère. Les voyageuses
partirent le 7 mai, passèrent par Aïn Karem, Emmaüs,
Jaffa, s'embarquèrent pour Haïfa et, de là, gagnèrent
Nazareth par Shefamar. Il était en effet périlleux, à cette
époque, de traverser la Samarie. Durant ce voyage, Mariam eut la joie
de revoir son village natal d'Abellin.
Le Carmel de Bethléem
n'était pas entièrement achevé lorsque, le 26 août
1878, Mariam rejoignait son Seigneur, "l'unique amour
de son cur".
Malgré toutes les difficultés...
"C'est fait dans le ciel ", avait dit Mariam. Et de fait, les obstacles vont tomber les uns après les autres avec le temps.
problème économique : la somme nécessaire à l'achat du terrain fut offerte par Mademoiselle Berthe Dartigaux, la généreuse donatrice du Carmel de Béthléem, relayée ensuite par la comtesse de Noailles.
l'opposition des autorités turques : celles-ci s'opposaient à l'établissement d'institutions européennes sur leurs territoires et refusaient constamment les demandes de construction mais grâce à l'appui providentiel de la comtesse de Noailles cette opposition cessa en 1903.
La construction se déroula du 28 juillet 1907, date de la pose de la première pierre, jusqu'en 1910.
manque de surs fondatrices : à ce moment-là, la communauté de Bethléem n'était pas assez nombreuse pour pouvoir fonder un nouveau monastère.
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Carmel en construction
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La fondation et les débuts du Carmel
Enfin, en 1910 le Carmel de Bethléem compte 32 moniales. Onze jeunes
Surs sont choisies parmi elles comme fondatrices : six Françaises,
trois Palestiniennes, une Italienne et une Allemande.
Le 27 octobre 1910 elles arrivèrent à Nazareth ; mais ce n'est que le 15 janvier 1911 que la chapelle fut inaugurée. La fondation était ainsi tout à fait réalisée.
* * *
Quatre ans à peine après leur arrivée la guerre de 1914-1918
éclata. Les surs françaises durent partir devant l'arrivée
des Turcs alliés à l'Allemagne. Durant ces années d'exil,
le monastère servit de petit hôpital à l'armée du
Pacha pour les soldats atteints du choléra.
Mais, en 1919, la communauté, augmentée de 3 novices, pouvait revenir et la vie carmélitaine reprit sur la colline où souffle toujours l'Esprit de l'Annonciation.
Sur la colline principale le Carmel
L'idée de départ était de s'inspirer du Château Intérieur de Notre Mère sainte Thérèse de Jésus, la grande Réformatrice d'Avila.
Le monastère est construit en belles pierres blanches du pays, à mi-hauteur de la colline au pied de laquelle se recueille Nazareth, comme une corbeille de fleurs et de fruits.
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Du monastère comme d'un magnifique balcon, le regard plonge sur la grotte de l'Annonciation que protège la nouvelle Basilique, ainsi que sur les maisonnettes et les ruelles de l'humble bourgade qui a gardé, du moins en sa partie centrale, son caractère de simplicité et de joyeuse activité. Au-dessus de la cité et par-delà les collines qui l'enserrent, voici vers le sud la plaine d'Esdrelon aux blés verts, du côté de l'est le dôme du Thabor et, par-delà le fossé du lac de Tibériade et du Jourdain, la barre bleutée des monts de Galaad ; vers l'ouest la chaîne rectiligne du mont Carmel que domine le sommet du Sacrifice d'Elie.
La grâce de Nazareth
La grâce de Nazareth imprègne
profondément notre Carmel.
Nazareth
n'était qu'une petite bourgade au nom presque inconnu. Et voici qu'un
jour, ici-même, l'Ange Gabriel est venu visiter une jeune fille appelée
Marie; il est entré chez elle, dans cette grotte aux parois rugueuses.
Et sa réponse "je suis la servante du Seigneur,
qu'il me soit fait selon sa Parole" a permis l'ineffable mystère
: Et le Verbe s'est fait
chair et il a habité parmi nous.
Et tout cela s'est accompli en un profond silence
; personne même ne s'en est douté !
Toute la vie de la Vierge Marie reste imprégnée de ce silence : l'Evangile nous rapporte combien "Marie méditait tous les événements de la vie de Jésus dans son cur".
Jésus, Marie, Joseph, quelle communauté
de silence, de travail, de joie dans la foi, d'amour dans le sacrifice ! Le
Père de Foucauld en a fait la découverte à Nazareth-même
et Thérèse de Lisieux vivra, dans son cloître et dans son
cur, cette vie de la Sainte Famille : dans
le mystère de Nazareth elle a découvert "la petite voie"
de Jésus, Marie et Joseph : accomplir avec
la perfection de l'amour les petites choses quotidiennes dans la foi et l'abandon
filial au Père, et avec une âme très grande.
Aujourd'hui
Si notre Carmel a pris pour nom "Carmel de la Sainte
Famille", c'est bien parce que cette grâce imprègne
toute notre vie ; afin que, accueillant avec Marie cette Parole en notre cur,
elle puisse aujourd'hui encore déployer toute sa fécondité
dans notre monde.
Et il s'y adjoint aussi une grâce cuménique et universelle : du monastère, on aperçoit tous les toits ou les clochers des églises des différentes confessions chrétiennes qui, avec la synagogue et les minarets, sont un peu comme la vision du monde réuni auprès de la grotte de l'Annonciation.
Grâce ecclésiale aussi à l'intérieur du couvent où, la langue étant le français, des surs de plusieurs nationalités ne forment qu'un cur et qu'une âme, et elles prient avec leurs frères de partout.
Dans une atmosphère ouverte et joyeuse, elles travaillent comme eux pour le pain quotidien : hosties, étoles et linge d'autel pour le service de la Sainte Messe ; chapelets, cartes fleuries, poterie, statues en plâtre, et d'autres objects de piété aussi bien pour les pèlerins que pour les gens du pays.
Si Nazareth, dont les fouilles révèlent qu'au temps de Jésus, il y avait à peine 25 maisons est devenue une ville très importante, principalement du fait des pèlerinages et du tourisme, elle reste un haut lieu biblique et évangélique cher au cur des chrétiens ; et le Carmel veille à y conserver la mémoire du premier germe du christianisme.
Le Carmel de Nazareth désire vivre l'esprit de Thérèse dans cette proximité incroyable et bouleversante de
Celui qui, étant le Tout Autre, ici-même, s'est fait le "Tout Nôtre".
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